Os manequins dos anos 50 acabaram
Abr, 16, 2018
Desde Fevereiro de 2017, a start up Ubooker propõe uma aplicação para colocar em linha direta clientes e modelos.

 

Le mannequinat des années 50, c'est fini

 

Depuis février 2017, la start-up Ubooker propose une application pour mettre en lien direct clients et modèles. Rencontre avec son directeur, Nicola Scagnolari, invité de la Fashion Innovation Week de Lugano en mars dernier

 

En matière de mode, on ne compte plus les applications destinées à faciliter la vie des consommateurs. En 2018, rien de plus simple que de faire du shopping ou de regarder les défilés depuis son smartphone. Alors pourquoi pas une application au service des mannequins, ces millions de garçons et de filles qui façonnent le rêve de la mode, dans des conditions souvent obscures? C’est le pari de Ubooker, une application lancée en février 2017 qui propose de mettre directement en lien clients et modèles en un seul clic. Fondée par Diana Gaertner, Claudia Wagner – deux mannequins basées respectivement à Zurich et à Londres –, Nicola Scagnolari et Andrea Losso, cet Uber des modeling agencies permet aux recrues (400 à ce jour) de gérer leur image, contrôler leur emploi du temps et leur salaire sans devoir verser de commission à un quelconque agent.

 

Une approche transparente et démocratique du métier qui a séduit Renzo Rosso, le fondateur italien de la marque de jean Diesel. A travers sa société privée d’investissements Red Circle, le président du groupe OTB (Marni, Maison Margiela, Viktor&Rolf) vient d’entrer dans le capital de la start-up. Une nouvelle qui n’est pas passée inaperçue à la Fashion Innovation Week organisée en mars dernier à Lugano, où Le Temps a rencontré le directeur de Ubooker, l’entrepreneur italien Nicola Scagnolari.

 

Le Temps: En quoi l’application Ubooker promeut-elle une pratique plus démocratique du mannequinat?

 

Nicola Scagnolari: Dans les grandes villes comme Paris, Milan ou New York, les agences de mannequins prélèvent une commission allant de 20 à parfois 50%. Pour les top-modèles comme Gigi Hadid, cela ne pose pas de problème car elles croulent sous les contrats juteux. Mais il y a toute une armée d’anonymes qui pâtit de ce fonctionnement opaque: la plupart des filles enchaînent les mandats fatigants et mal payés, sans même savoir comment sont calculés leurs cachets. C’est pour cela que Ubooker propose un système de rémunération complètement transparent. Nous ne prélevons que 10% au client et 10% au mannequin. Autre point essentiel: nous payons les mannequins après 96 heures, contrairement aux agences qui les font souvent attendre des mois. Nous ne gardons pas de l’argent au chaud pour faire fructifier nos intérêts.

 

Une agence classique rétorquerait que la prise en charge complète d’une carrière engendre des frais importants…

 

Le problème, c’est que pour entrer dans une agence, les mannequins doivent la plupart du temps signer un contrat d’exclusivité. Or, dans 70% des cas, les agences ne sont pas en mesure d’assurer un revenu mensuel décent aux recrues, souvent de très jeunes étrangers dont on va jusqu’à confisquer le passeport. Ce n’est pas correct, car ces mannequins subissent à la fois les désavantages des employés, puisqu’ils doivent rester fidèles à leur agence, et ceux des free-lances, puisqu’ils n’ont aucune sécurité financière. Voilà pourquoi nous refusons l’idée d’exclusivité. Un mannequin peut utiliser Ubooker tout en travaillant pour d’autres agences, et augmenter ainsi son revenu mensuel.

 

En supprimant les intermédiaires entre le client et le mannequin, nous faisons disparaître les passe-droits

 

Quel est votre processus de recrutement?

 

Nous sommes très sélectifs: les mannequins, hommes ou femmes, doivent avoir plus de 18 ans et fournir des photos professionnelles pour prouver qu’ils ont déjà travaillé. Si leur dossier est retenu, nous demandons à les rencontrer ou à leur parler au moins une fois par téléphone ou par Skype. A terme, nous aimerions mettre en place un système d’ambassadeurs, qui permettra aux nouvelles recrues de rencontrer d’autres mannequins travaillant pour nous où qu’elles se trouvent dans le monde.

 

La numérisation du processus de booking des mannequins peut-elle prévenir les abus de pouvoir et les abus sexuels, très décriés depuis l’affaire Weinstein?

 

Je le crois. En supprimant les intermédiaires entre le client et le mannequin, nous faisons disparaître les passe-droits. Plus question pour un garçon ou une fille d’obtenir un contrat parce qu’il ou elle est ami-e avec tel directeur de casting ou tel agent de mannequins. Les critères de sélection du client sont objectivés. Par ailleurs, Ubooker propose aux mannequins un système de géolocalisation qui permet de savoir exactement où ils se trouvent et pour combien de temps. Nous allons aussi mettre en place un bouton SOS: si l’une de nos recrues se trouve dans une situation qu’elle juge inconfortable ou inappropriée, elle peut envoyer un message et nous interviendrons par un coup de fil au client.

 

Il ne faut jamais oublier que la mode est une industrie de dinosaures rétifs aux changements

 

Comment réagissent les agences et les autres acteurs du secteur face à votre arrivée sur le marché du mannequinat?

 

Pas très bien. Nous avons même reçu quelques lettres de menaces. Certains nous accusent de vouloir détruire cette industrie et de casser les prix, ce qui est absolument faux. Nous ne sommes pas les ennemis des agences de mannequins. Nous sommes ouverts à des collaborations et sommes convaincus que les deux systèmes peuvent cohabiter, de la même façon que les taxis classiques coexistent avec Uber. Mais on ne peut plus faire du mannequinat comme dans les années 1950, lorsque les filles étaient peu nombreuses et défilaient pour de grandes maisons de couture dans des salons feutrés. Aujourd’hui, l’industrie de la mode se tourne de plus en plus vers l’e-commerce et les réseaux sociaux. Il faut produire beaucoup de contenu et vite. Nous ne réinventons pas la roue, nous essayons juste de rendre le marché du mannequinat plus flexible, plus efficace et plus équitable.

 

Comment expliquez-vous que les agences traditionnelles dominent encore le marché et que la technologie soit encore si peu utilisée?

 

Depuis des décennies, une poignée de gens puissants vendent un rêve de glamour, de gloire et de beauté à des millions de filles et de garçons dans le monde entier. Cela leur a permis de gagner des sommes astronomiques et de s’assurer de nombreux privilèges, pourquoi voudraient-ils que cela change? Il ne faut jamais oublier que la mode est une industrie de dinosaures rétifs aux changements. Mais aujourd’hui, ils sont obligés de s’adapter à leurs nouveaux consommateurs, des gens jeunes et connectés, capables d’utiliser la technologie à leur avantage.

 

Dans dix ans, à quoi ressemblera Ubooker?

 

Notre but est d’étendre notre système à d’autres métiers créatifs comme les maquilleurs, les stylistes et les photographes. Sans être présomptueux, j’aimerais beaucoup que Ubooker devienne une sorte de Booking.com, un outil global qui facilite la vie des créatifs travaillant dans le milieu de la mode.

 

Lugano se rêve en hub de la fashion tech

 

C’est une semaine de la mode bien particulière qui a eu lieu à Lugano du 22 au 27 mars dernier. Aucun défilé ni top-modèle, pas l’ombre d’une star en goguette, zéro hystérie collective. Et pour cause. Promue par NetComm Suisse, une association qui regroupe les acteurs de l’e-commerce, la première édition de la Fashion Innovation Week a réuni pendant six jours start-up, marques de mode, investisseurs, étudiants et consultants pour explorer et renforcer les liens possibles entre mode et technologies. Au programme, des dizaines de séminaires et conférences autour du commerce électronique, des réseaux sociaux, de l’intelligence artificielle ou encore de la réalité augmentée. «De nombreuses entreprises de mode et de technologie viennent ici pour se rencontrer et échanger. Ils se rendent compte que tout un écosystème est en train de voir le jour, ce qui les convaincra peut-être de s’installer ici à leur tour», explique Carlo Terreni, directeur de NetComm Suisse.

 

Avec cet événement, le Tessin et Lugano espèrent se profiler comme un centre européen de l’innovation dans le secteur de la mode. «Nous nous trouvons à moins d’une heure de Milan, l’une des capitales mondiales de la mode, et à moins de trois heures de Zurich, la capitale économique du pays. Le climat politique est très stable, la bureaucratie inexistante, ce qui permet d’engager des gens très talentueux à des prix raisonnables. Et, bien sûr, l’imposition fiscale est très avantageuse», développe Carlo Terreni. A ce jour, plus de 80 entreprises de mode comme Philippe Plein, Michael Kors ou Guess sont déjà présentes au Tessin avec leur centre de logistique ou de développement et en partie avec leur centre de production ou de gestion.

 

Por: Séverine Saas

Fonte: Le Temps, em 10 de Abril de 2018

 

 

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