Por: Olivier Truc
Fonte: Le Monde
Frequentemente citada como exemplo pelo seu modelo social de flexisegurança, a Dinamarca prepara-se para eleições em 2008. E não escapa ao debate do tema comum: qual o equilíbrio a obter entre as necessidades de uma protecção social moderna e a baixa de impostos que deixe uma maior margem aos indivíduos.
Por: Olivier Truc
Fonte: Le Monde
Copenhague veut concilier réductions d'impôts et investissements sociaux
Souvent cité en exemple pour son modèle social de "flexisécurité", associant l'Etat-providence et la flexibilité du libéralisme, le Danemark, qui se prépare à des élections d'ici à 2008, n'échappe pas lui non plus à un débat très commun : quel équilibre trouver entre les besoins d'une protection sociale moderne et des baisses d'impôts qui laissent plus de marges aux individus.
Le premier ministre libéral, Anders Fogh Rasmussen, tente de concilier les deux dans le même paquet de réformes qu'il a présenté, mardi 21 août. Il prévoit de dépenser 8 milliards d'euros (60 milliards de couronnes) pour développer l'Etat-providence tout en promettant pour 2008 des réductions de l'impôt sur le revenu destinées à inciter les Danois à travailler plus, dans un contexte de fort besoin de main-d'oeuvre. Le chômage est tombé à 3,5 % en juin. D'un montant annuel de 1,3 milliard d'euros, ces baisses d'impôt seraient financées en partie par une augmentation des taxes vertes.
Cinquante milliards de couronnes (6,7 milliards d'euros) seront dépensés pour moderniser les hôpitaux, les écoles et les maisons de retraite ; dix autres milliards sont prévus pour mieux former les employés du secteur public travaillant dans ces mêmes secteurs. M. Rasmussen estime ainsi répondre le mieux aux pressions accrues que va subir le système social danois à mesure que sa population vieillit et que les besoins de formation demeurent plus que jamais indispensables pour faire face à la globalisation.
M. Rasmussen a dû louvoyer entre ses deux partenaires politiques. Membre de la coalition gouvernementale, le Parti conservateur, partisan acharné du moins-disant fiscal, veut plus de réductions pour les nombreux hauts salaires taxés à 60 %. Mais le premier ministre est aussi tenu par son embarrassant mais indispensable allié au Parlement, le parti d'extrême droite DF, qui, outre son aversion pour les immigrés, se veut le vertueux défenseur de l'Etat-providence (pour les Danois) et des petits salaires. Et qui estime, comme l'opposition sociale-démocrate, que le projet du premier ministre est "socialement bancal".
Or les enquêtes montrent que même les électeurs de droite ne sont pas particulièrement partisans de réductions fiscales, surtout si cela doit se faire au détriment de l'Etat-providence, comme le dénonce l'opposition qui, relayée par plusieurs économistes, souligne que le projet n'est pas financé. "Nous n'enlèverons pas une couronne à l'Etat-providence", se défend le premier ministre, qui avait lancé en 2006 une offensive de charme pour expliquer que les libéraux ne pensaient plus que "le service public était un frein à la liberté individuelle". "Cela peut paraître cher mais l'argent est là", a-t-il dit en insistant sur l'état de grâce économique que connaît effectivement le pays.
Alors que les rumeurs d'élections législatives anticipées bruissent, ce qui pourrait expliquer cette générosité, un débat sur la réforme fiscale pourrait être désastreux pour le gouvernement. Certains analystes estiment que Anders Fogh Rasmussen a peut-être fait sa première grosse erreur tactique. En 2001 et 2005, il avait été en grande partie élu sur sa promesse de gel fiscal. Le débat actuel montre à nouveau que les Danois sont attachés de façon épidermique à leur Etat-providence et ne sont pas peu fiers d'en assumer le prix.
Fonte: Olivier Truc, Le Monde, em 28.Ago.2007