Depois da pandemia: perspetivas geopolíticas
Out, 09, 2020
Não há outro futuro além do que virá, e é por isso que qualquer tentativa de conceber uma geopolítica após a pandemia do Covid-19 deve vir na forma de uma gama de futuros possíveis. Eu vejo cinco, plausíveis em 2030, mas outros podem obviamente ser imaginados. Por: Joseph S. Nye, Jr.; Fonte: Project-Syndicate

 

Après la pandémie : perspectives géopolitiques

Il n’existe d’autre avenir que celui qui surviendra, c’est pourquoi toute tentative de concevoir une géopolitique après la pandémie de Covid-19 doit se présenter sous la forme d’un éventail d’avenirs possibles. J’en verrais cinq, plausibles d’ici 2030, mais d’autres peuvent évidemment être imaginés.

La fin de l’ordre libéral mondialisé. L’ordre du monde mis en place par les États-Unis après la Première Guerre mondiale a créé un ensemble d’institutions qui ont conduit à une libéralisation notable des échanges internationaux, commerciaux et financiers.

Avant même la pandémie de Covid-19, cet ordre était remis en question par l’ascension de la Chine et la montée des populismes dans les démocraties occidentales. La Chine a tiré parti de cet ordre, mais à mesure qu’augmente son poids stratégique, elle cherche de plus en plus à en définir elle-même les règles et les normes. Les États-Unis résistent, les institutions internationales s’atrophient, et les appels à la souveraineté se multiplient. Les États-Unis demeurent en dehors de l’Organisation mondiale du commerce et de l’accord de Paris sur le climat. Le Covid-19 renforce la probabilité de ce scénario en affaiblissant le « gestionnaire du système », les États-Unis.

Une contestation autoritaire semblable à celle des années 1930. Le chômage de masse, le creusement des inégalités et les bouleversements créés dans la vie des populations par les changements économiques liés à la pandémie créent les conditions propices à des approches politiques autoritaires. Les entrepreneurs politiques cherchant à exploiter le populisme nationaliste pour obtenir le pouvoir ne manquent pas. Nativisme et protectionnisme gagnent des adeptes. Les droits de douane et les quotas d’importation se durcissent, la circulation des personnes est restreinte, migrants et réfugiés deviennent des boucs émissaires. Les États autoritaires cherchent à former et affermir des zones d’intérêt régionales et des interventions de différents types accroissent les risques d’un conflit violent. Certaines de ces tendances étaient perceptibles avant 2020, mais les faibles perspectives de relance économique, dues à l’incapacité de faire face à la pandémie de Covid-19, renforcent la probabilité de ce scénario.

Un ordre du monde sous domination chinoise. Tandis que la Chine maîtrise la pandémie, son économie connaît une évolution spectaculaire vis-à-vis des autres grandes puissances. L’économie chinoise dépasse au milieu des années 2020 celle des États-Unis, qui s’essoufflent, et la Chine creuse son avance sur ses concurrents potentiels de naguère, comme l’Inde et le Brésil. Dans son mariage diplomatique de convenance avec la Russie, c’est elle qui devient le partenaire principal. Comme on peut s’y attendre, elle exige le respect et l’allégeance dus à son rang. Les nouvelles routes de la soie – le projet « Une ceinture, une route » – lui permettent d’exercer son
influence au-delà de ses voisins, auprès de partenaires aussi lointains que l’Europe et l’Amérique du Sud. Dans les instances internationales, le prix des votes contre la Chine devient trop élevé, car ils compromettent non seulement son aide ou ses investissements, mais aussi l’accès au plus important marché de la planète. Les économies occidentales ayant été affaiblies par la pandémie en comparaison de l’économie chinoise, le gouvernement chinois et les grandes entreprises chinoises ont la capacité de remanier les institutions internationales et d’y mettre en place des normes à leurs goûts.

Un ordre du jour écologiste international. Les avenirs possibles ne sont pas tous sombres. Dans beaucoup de démocraties, l’opinion publique commence à considérer le changement climatique et la conservation de l’environnement comme des enjeux prioritaires. Certains gouvernements, certaines entreprises sont en train de se réorganiser pour répondre à ces questions. Avant même le Covid-19, on pouvait prévoir que l’ordre du jour international serait défini pour 2030 par l’intérêt que portent certains pays aux questions écologiques. Parce qu’elle met en évidence les liens entre la santé des humains et celle de la planète, la pandémie accélère l’adoption de cet ordre du jour.

Ainsi l’opinion a-t-elle remarqué, aux États-Unis, que les 700 milliards de dollars des dépenses de défense n’ont pas empêché le Covid-19 de tuer plus de vies américaines que toutes les guerres menées après 1945. Dans un nouvel environnement politique, le président des États-Unis lance un « plan Marshall Covid » afin de fournir aux pays pauvres un accès rapide aux vaccins et de renforcer les capacités de leurs systèmes de soins de santé. Le plan Marshall de 1948 était dans l’intérêt des Américains, mais en même temps dans celui des autres, et il eut une influence déterminante sur la géopolitique au cours des dix années qui ont suivi. Cette impulsion a renforcé le soft power, les capacités d’influence, des États-Unis. En 2030, un ordre du jour écologiste est désormais de bonne politique intérieure, avec des conséquences géopolitiques pareillement importantes.

Un état stationnaire. En 2030, le Covid-19 est un souvenir aussi désagréable que l’était la pandémie grippale de 1918-1920 en 1930, avec des conséquences géopolitiques à long terme similaires. La situation antérieure persiste. En revanche, si la Chine accroît sa puissance, si populisme et polarisation politique subsistent en Occident, tandis que le nombre de régimes autoritaires augmente, un certain degré de mondialisation économique se maintient et l’on prend de plus en plus conscience de l’importance de la mondialisation environnementale, l’une et l’autre se fondant sur le fait admis qu’aucun pays ne peut en agissant seul résoudre les problèmes posés. Les États-Unis et la Chine parviennent à coopérer pour ce qui est des pandémies et du changement climatique, même s’ils sont toujours en concurrence sur d’autres questions comme les restrictions de la navigation sur les mers de Chine méridionale et orientale. L’amitié n’est pas débordante, mais la rivalité est contrôlée. Certaines institutions internationales s’étiolent, d’autres sont redressées, et d’autres encore inventées. Les États-Unis demeurent la principale puissance, mais sans jouir du même degré d’influence que par le passé.

Chacun des quatre premiers scénarios a environ une chance sur dix de correspondre approximativement à l’avenir qui surviendra en 2030. En d’autres termes, il y a moins d’une chance sur deux pour que la pandémie de Covid-19 réoriente en profondeur la géopolitique d’ici 2030. Plusieurs facteurs peuvent exercer sur ces probabilités une influence. Ainsi la mise au point rapide de vaccins efficaces, fiables et bon marché, qui seraient largement distribués à tous les pays, renforcerait la probabilité d’une continuité et réduirait celle du scénario autoritaire ou chinois.

En revanche, si la réélection de Donald Trump affaiblit les alliances de l’Amérique et les institutions internationales, ou porte atteinte, à l’intérieur, à la démocratie, c’est la probabilité du scénario de continuité ou du scénario écologiste qui se réduira. D’un autre côté, si l’Union européenne, qui a d’abord été affaiblie par la pandémie, parvient à mutualiser les coûts de la réaction des États membres, elle pourrait devenir un acteur important sur la scène internationale, capable de renforcer la probabilité du scénario vert.

D’autres facteurs peuvent intervenir, et le Covid-19 pourrait déclencher d’importants changements intérieurs en lien avec les inégalités d’accès aux soins de santé et à l’éducation, mais aussi accélérer la création de meilleurs dispositifs institutionnels pour se préparer à la prochaine pandémie. Estimer les effets à long terme de l’actuelle pandémie ne signifie pas prédire l’avenir avec exactitude, mais l’exercice permet de peser les probabilités et d’ajuster en conséquence les politiques menées au présent.
Traduit de l’anglais par François Boisivon

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Por: Joseph S. Nye, Jr.
Fonte: Project-Syndicate, em 6 de Outubro de 2020
https://www.project-syndicate.org/commentary/five-scenarios-for-international-order-in-2030-by-joseph-s-nye-2020-10/french

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